Le guide ultime de la séduction féminine : 3 conseils historiques qui vont vous étonner !

Si selon Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient », force est de constater qu’alors, toute la question repose sur un rapport à l’éducation des femmes.

« Comment devient-t-on femme ? » est une question qui a été abordée de très nombreuses fois dans le passé humain, tant par des femmes qui s’interrogeaient sur leur propre condition que par des hommes qui conceptualisaient la société et la place des femmes dans celle-ci. Quelles réponses ont été apportées par l’Histoire ? Quelles en ont été les conséquences ?
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Les Sciences historiques sont-elles plus exactes que les Sciences « exactes » ? [Question de la semaine]

Il y a quelques temps, on m’a fait remarquer que plutôt que de répondre aux questions en privé, je devrais en faire un format d’article. Une sorte de question de la semaine. Alors que je réfléchissais à ce projet et à comment le lancer, j’ai été contacté en privé par un contact. Sa question est très intéressante bien que très complexe et nécessitant un certain bagage que je vais tenter de rendre accessible au mieux. Avec son accord, je vais donc essayer de traiter sa question ici sous ce nouveau format.

Les règles de ce format sont simples :

  • Sur Discord, Facebook, via le formulaire de contact du site ou en message privé, vous posez la question qui vous intéresse.
  • Une fois par semaine j’en sélectionne une pour la traiter
  • De mon côté, je dois fournir une réponse en moins de 500 mots à cette question après une contextualisation.

J’espère donc que cela plaira et que vous n’hésiterez pas à poser vos questions pour faire tourner la machine.

Sans plus attendre, voici donc la première question posée par Steph Ripouille.

QDS 1 - Ls sciences et la réalité - Notions d'Histoire


 

Est-ce que les Sciences historiques sont plus réalistes que les Sciences exactes qui elles seraient plus instrumentalistes ?


La question telle que posée :

Est-ce que l’Histoire est une science idiographique ?

Je pense que, contre intuitivement, la science historique peut être plus « exacte » que les sciences nomothétiques comme la physique.

Donc la physique par exemple, est souvent appelé une « science exacte » mais comme toutes les sciences nomothétiques, elle produit des conjectures sous formes de modèles : ces modèles donnent des résultats mesurables donc plus ou moins exactes (ex: la loi de Newton permet de calculer des trajectoire des corps célestes avec plus ou moins de précision) mais ces lois en elles mêmes n’ont rien à voir avec la réalité (ex: la gravité est vue comme une force chez newton mais une déformation de l’espace temps en relativité : la force de gravité n’existe pas en soi en tant que « force » dans la relativité générale)

Alors que dans les sciences historiques, on a des événements qui ont eu lieu (puis je dire qu’ils existent ontologiquement ? ou est ce un abus de langage ?). Ex: la bataille de Waterloo a eu lieu, c’est un fait. Mais on ne peut rien dire de l’ontologie de la force de gravité.

Ceci dit, on peut douter peut-être de la réalité des événements historiques qui sont forts lointains comme par exemple la bataille de Troie (je dis peut-être une grosse connerie, peut-être que cette bataille fait consensus, c’est juste un exemple)

Mais pour les événements très proches, on a beaucoup de preuves, de témoignages, on est certain qu’ils ont eu lieu.

Donc le scepticisme [Je précise ici qu’il s’agit du scepticisme scientifique dont il est question pour les lecteurs qui auraient un doute.] qui doit être pratiqué pour les sciences nomothétiques s’applique différemment pour les sciences historiques.


Ma question, c’est ce que tu penses de mon idée qui est :

Les sciences dits « exactes » comme la physique sont en fait les plus incertaines dans une perspective REALISTE (c’est-à-dire la position dans laquelle la science nous décrit ce qu’est la réalité). L’exemple de la différence ontologique entre la mécanique de Newton et la relativité générale est très parlant.

L’Histoire, par contre, est une science idiographique et elle traite bien de l’ontologie : des événements qui ont réellement existés. Par contre, elle est aussi incertaine, cette incertitude en général est proportionnelle au temps qui nous sépare de cet événement.

Mais pour des événements très proches comme le génocide juif [voir à ce sujet ma série d’article sur le négationnisme], on a une certitude, on peut affirmer que c’est réel.

Le REALISME est beaucoup plus tenable pour les sciences historiques que pour les sciences nomethétiques.

Pour ces dernières, la position INSTRUMENTALISTE est (ou me semble) plus défendable.

Sciences exactes - Notions d'Histoire
Si vous êtes comme Foxy en ce moment, prenez le temps de la réflexion en allant consulter tous les termes qui vous posent problèmes. Au besoin, les commentaires sont là pour discuter et demander des explications supplémentaires.

Mise en contexte


Cette question relève plus de l’épistémologie que de l’Histoire à proprement parler. Mais elle est très intéressante. Elle interroge sur plusieurs points cruciaux des sciences :

  • Qu’est-ce qu’une science exacte ?
  • Est-ce que les sciences peuvent et doivent être réalistes ?
  • Est-ce que les sciences sont instrumentalistes ?
  • Quel rapport au réel ?
  • Quel intérêt pour les modèles scientifiques ?

Cette question pose également des interrogations sur les concepts de vérité (au sens scientifique) et de réel.

Cette question étant un peu complexe sur plusieurs points, je vous invite chaudement à marquer une pause à cet endroit pour prendre connaissance des termes compliqués au travers des liens fournis avant de continuer plus loin.

Ma réponse : (479 mots)


Parler de Sciences humaines et de Sciences exactes, c’est faire plusieurs différences. Les sciences humaines traitent de l’humain comme sujet, ce qui induit quelques spécificités dans la recherche.

De plus, les Sciences humaines ne sont pas toujours à même d’assurer un des critères fondamentaux de la science : la reproductibilité. Il n’est pas possible d’assurer 100% de reproductibilité du fait du principe du « facteur humain ».

Les autres sciences comme les mathématiques, la physique ou la biologie sont dites exactes car elles sont sensées rendre compte de ce qu’est la réalité.

À cela s’ajoute l’idée que les sciences humaines – et surtout l’Histoire – seraient plutôt idiographiques. C’est-à-dire qu’elles ne traiteraient que de cas uniques sans pouvoir établir de lois universelles. Tandis que, les Sciences exactes seraient plutôt nomologiques ou nomethétiques et donc qu’elles viseraient à obtenir des lois générales à partir des faits constatés.

Toutefois, les Sciences exactes reposent sur des axiomes qui sont des présupposés indémontrables, points de départs des théories scientifiques. Par ailleurs, les théories scientifiques fournissent des modèles de compréhension de la réalité. Paradoxalement, ces modèles ne permettent pas de rendre compte de la réalité. Ils ne font que nous permettre des les comprendre.

Ici s’opposent le réalisme (qui ferait des sciences une représentation de la réalité) et l’instrumentalisme (qui ferait des sciences un instrument de compréhension sans que cela ne permette de saisir le réel).

Les Sciences humaines passent pour être moins réalistes que les Sciences exactes car celles-ci rendent compte de phénomènes observables et réplicables comme la gravité.

Ceci assure une compréhension du réel par le développement de modèles. ces derniers sont constamment approfondis, vérifiés et affinés. Et parfois, les théories ne permettent que de s’approcher imparfaitement des phénomènes étudiés.

Dans ce contexte, on peut en venir à se demander si finalement, les sciences historiques ne seraient pas plus réalistes que les sciences exactes et ce d’autant plus que l’Histoire traite de phénomènes humains dont la proximité avec notre société les rend particulièrement probants.

Certains évéments factuels sont plutôt bien connus. Ils font l’objet d’un consensus historique. On peut donc penser à ce moment qu’on traite de la réalité et que cette dernière est atteinte. On pensera à des phénomènes comme le Titanic ou les chambres à gaz nazies.

Plusieurs éléments invalident cette conception :

  • L’éloignement des phénomènes étudiés.
  • La parcimonie des sources.
  • Leur nécessaire interprétation méthodologique.

Est-ce que les sciences historiques sont plus exactes, plus réalistes que les sciences exactes ? Je ne pense pas. La compréhension de l’Histoire repose sur des fragments par lesquels nous investiguons. Nous appliquons des modèles pour les comprendre. Ces modèles nécessitent une constante réactualisation.

Pour certains points également, qu’il s’agisse de Sciences humaines ou de Sciences dures, les problèmes restent les mêmes. On ne peut pas juger du degré de matérialisme, de réalisme, d’instrumentalisme entre ces deux domaines. Ils ne sont pas comparables. Ils ont chacun des spécificités qui rendent les parallèles intenables.

En somme :


Est-ce à dire que les sciences ne rendent pas compte du réel et donc que le relativisme (ou l’historicisme) serait envisageable ? Non. Car les sciences essayent et permettent de s’approcher du réel autant que possible et malgré les impossibilités.

Il faut bien saisir également que le réalisme et l’instrumentalisme, bien que dans la confrontation, se rejoignent dans le principe de vérisimilitude. Si le chercheur ne peut accéder au réel même des choses qu’il observe, les énoncés de son modèles doivent correspondre le plus possible aux observations et aux résultats étudiés. On peut donc considérer que la question, aussi intéressante soit-elle ne porte pas tant sur le principe de vérité que sur le degré de fiabilité et de correspondance au réel. Qu’il s’agisse un cas unique, d’un modèle, de Sciences humaines ou de Sciences dures, le principe de vérisimilitude permet de comprendre la balance qui s’opère au sein d’une même discipline entre idiographie, nomethétique et nomologie.

À cela, on pourrait ajouter les propos de Schopenhauer : Eadem sed aliter, la même chose mais différemment. Ce qui permet de comprendre que malgré le fait que l’on tende vers le réalisme, il y aura toujours des éléments et des cas uniques à prendre en compte. La question n’est donc pas tellement : est-ce que cela rend compte de la réalité mais à quel point cela permet-il de comprendre la réalité ? On pourra donc se rapprocher d’un système bayesien.


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Les 5 citations historiques préférées des complotistes (et ce qu’elles veulent vraiment dire)

C’est toujours bien de citer un grand auteur. Cela donne de l’autorité, une aura de personne cultivée, du prestige social. Ou alors, ça vous fait passer pour un gros teubé qui ne mérite qu’un ravalement de façade à coup d’outils de jardins de qualité supérieure. C’est tout l’un ou tout l’autre.

Oui, une citation, c’est comme la gastro, vous avez le droit de l’évoquer mais ce serait mieux de ne pas en foutre partout.

Car, entendons-nous bien là dessus : citer, c’est bien ; citer quelqu’un sans rapport dans la conversation ou une personne qui n’est pas compétente dans le domaine, c’est mal.

Et parce que vous ne voulez pas être quelqu’un qui fait du mal, vous allez lire cet article, n’est-ce pas ?

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[Négationnisme 6] – Mon beau lobby, roi des complots !

L’un des arguments les plus réccurents et les moins étayés est sans contexte celui du lobby juif. Cette idée du lobby est mise en avant en fonction de quelques points précis, qui sont pour une large part fantasmés.

Si on en croit les négationnistes à ce sujet, le génocide juif aurait été préparé, souhaité et mis en place par les juifs. Pourquoi ? Pour aboutir à la création de l’Etat d’Israël qu’ils réclamaient depuis plusieurs années. Est-ce vraiment le cas ?

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[Négationnisme 5] – Fuck le consensus !

Après tout ce que nous avons déjà vu sur le négationnisme, que reste-t-il à dire de plus ? En dépit de ce que l’on peut penser, ce sujet est des plus riches et il reste encore beaucoup à traiter.

Un point qui ne saute pas tout de suite aux yeux dans ce document de quelques pages est la remise en cause du consensus scientifique historique sur la question du génocide juif.

La chose n’est pas écrite directement mais le propos est présent tout du long, de manière subtile. C’est ce qui donne ce nom de « négationnisme ». Il ne s’agit pas seulement de nier le génocide juif. Il est aussi question de nier le consensus à ce sujet. Ce qui fait suite à une stratégie précise visant à remettre en cause ce consensus dans la pensée populaire afin de le discréditer.

Par ricochet, si le consensus est invalide, alors le génocide l’est tout autant.

A ce stade de la réflexion, deux questions émergent d’elles-mêmes :

  1. Qu’est-ce qu’un consensus scientifique ?
  2. Peut-on remettre en cause ce consensus ?

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[Négationnisme 4 ] – « On ne peut pas se fier aux témoignages ! » – Vraiment ?

Rabâché jusqu’à la nausée, le négationnisme insiste régulièrement sur l’absence de valeurs des témoignages. Tout particulièrement, il insiste sur les contradictions des témoignages pour établir qu’on ne saurait s’y fier lorsqu’on est rigoureux.

La problématique a pourtant déjà été traitée par les historiens et le domaine de l’historiographie. Qu’en est-il ? Et pourquoi ?

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[Négationnisme 3] – L’argumentaire « château de cartes »

La démarche hypercritique, classique du négationnisme, s’accompagne bien souvent d’une approche argumentative de type « château de cartes ». Théorie que l’on nommee aussi pafois « théorie des dominos ». De quoi s’agit-il ? Qu’est-ce que cela prouve ?

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[Négationnisme 2] – Démarche hypercritique

Le génocide étant défini précisément, l’une des démarches du négationnisme va être de réfuter certains traits de la Shoah pour le faire sortir du cadre du négationnisme. Il est alors question de retirer la volonté d’extermination ou la systématisation par exemple.

L’idée est ici très simple : si l’une des trois conditions du génocide n’est plus remplie alors ce n’est plus un génocide.

Comment donc procéder pour cela ? En utilisant la démarche hypercritique consistant à tout remettre en cause systématiquement. Vous voulez des explications ?

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[Négationnisme 1] – Génocide : « Faisons cela bien ! »

Comment peut-on nier un massacre de plusieurs années ayant entraîné l’extermination de 5 à 6 millions d’individus ?

Comment est-il possible d’affirmer que les crimes de masse n’ont pas existé alors qu’ils ont conduit à l’élaboration de la notion de crime contre l’Humanité ?

Devant l’ampleur du génocide juif, il semble difficile de concevoir qu’on puisse en réfuter l’existence. Pourtant, environ un tiers de ceux qui sont au courant de l’holocauste estiment que cela est exagéré. Comment est-ce seulement possible ?

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[Négationnisme 0] – Que faire quand on reçoit des propos négationnistes ?

Il y a de cela quelques mois, on m’a transmis un document négationniste en me demandant mon aide face à celui-ci. Il me fallait donc prendre une décision. Allais-je traiter ce document ou laisser couler ? Bien évidemment, je ne pouvais décemment pas laisser de tels propos en liberté.

La question s’est alors posée de ce que j’allais en faire. En effet, comment traiter ce document ? Comment faire comprendre l’arnaque que constitue le négationnisme ?

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