Le jeu d’horreur est-il débile ? Petite archéologie du genre #3

Précédemment, nous avons vu que les jeux d’horreur étaient un sujet vaste et plutôt complexe.

Nous avons vu également que sous une apparente simplicité, il y avait en réalité une multitude de sous-genres, ce qui pouvait expliquer en partie le succès des jeux d’horreur. Mais nous avons aussi vu que le jeu d’horreur est assez ancien puisqu’il commence en 1981 officiellement et que ce qui nous semble aller de soi ne l’était pas à l’époque. Car oui, il a bien fallu poser les bases du genre y réfléchir et les développer. Comment on l’a fait ? On va voir tout cela de suite !

Chronologie du genre : 3 périodes charnières


Le jeu d’horreur va dès lors évoluer et passer par plusieurs phases avec chacune ses spécificités :

  1. Les origines de 1980 à 1996 vont poser le genre, l’explorer, le développer et l’enrichir pour finalement fournir toutes les bases du genre tel que nous le connaissons. On y retrouve toute la mise en place des éléments que nous avons vu en première partie de cette série.
  2. La période de 1996 à 2005 marque un “âge d’or” du genre. La sortie de Resident Evil et Silent Hill change la donne vidéo-ludique. Caméras fixes, restrictions des ressources, voir des points de sauvegarde donnent une impulsion nouvelle qui est bien accueillie du public.

    Les scénarios se font plus glauques et torturés. L’ambiance suit la même logique. Elle se fait également plus glauque mais aussi plus pesante, en insistant sur les dangers de l’environnement ainsi que sur l’insécurité permanente. Le genre se dote en prime de l’aspect action qui marque le succès et la transition du genre.

  3. Depuis 2005, on peut dire qu’il s’agit d’une période de mutations. Après un légère perte de vitesse, le jeu d’horreur s’adapte à un environnement ludique qui a changé. Le genre travaille plus ses ambiances et ses scénarios pour mieux exploiter la peur psychologique et ambiancée, tout en délaissant certaines composantes jugées sur-utilisées ou désuètes (zombies, gore, le traditionnel manoir, etc.) Bloodborne, The Evil Within, Amnesia, Bioshock sont autant de renouvellements du genre qui séduisent un public cherchant plus le défi, l’ambiance, la psychologie et rejetant la foison de tripailles en folie. On verra également un renforcement de l’aspect coopératif.

Ce sont ces différentes évolutions du genre et les diverses étapes que nous venons de voir qui permettent réellement de saisir les raisons du succès du jeu d’horreur.

En résumé : Les trois grandes périodes du jeu d'horreur permettent de comprendre comment ce genre s'est développé. Par une adaptation continue, on peut dire que le jeu d'horreur a mûri en même temps que son public afin de proposer du contenu de plus en plus fin et enrichi sur tous les plans.

Le jeu d’horreur : pourquoi cela plaît ?


Le jeu d’horreur est le prolongement de la fiction horrifique. Son premier succès peut s’expliquer par le goût et l’attrait du public par ce genre littéraire. Attiré par l’univers lovecraftien et le plaisir du frisson et de l’angoisse, le public sensible a été particulièrement touché par ce genre nouveau de jeu.

On peut considérer qu’au départ il s’agit de l’attrait pour un style de jeu de niche et novateur.

Cependant, cela n’explique pas les 20 années suivantes et surtout l’âge d’or de 1996 à 2005.

Ici, on peut tabler sur plusieurs aspects. L’ambiance accentuée des jeux va séduire ceux qui sont sensibles à l’environnement ludique. Scénario alambiqué et enquêtes fournissent le suspens et le goût de résoudre le problème. Simple mais efficace, l’envie de savoir peut être un véritable moteur de jeu qui vient s’ajouter au dépaysement du joueur.

La difficulté souvent punitive du jeu d’horreur fournit quant à elle l’aspect du défie que le public va vouloir relever. Une version vidéo-ludique du “T’as pas de couilles” (ou du “T’as pas d’ovaires !” pour les joueuses) qui poussera le public à se saisir du jeu.

Mais tout ceci a fini par s’émousser avec le temps et la sensation de déjà-vu et déjà-vécu. Le jeu d’horreur n’est parvenu à séduire, au-delà des triturations mentales du gameplay qu’à partir du moment où il s’est mis à fournir du matériau psychologique.

Il s’agit là d’une trituration des neurones dans un style différent. On commence à jouer pour le background des personnages et les réflexions posées par le scénario. Le joueur n’est plus simplement celui qui tient la manette, c’est aussi celui qui s’investit dans l’Histoire, juge les motivations, prend part à la réflexion. Le jeu d’horreur séduit donc également car il fonctionne comme une invitation à réfléchir, et plus loin à explorer les méandres de nos propres pensées. Nous sommes bien loin d’un jeu débile.

C’est probablement pour cela également que la coopération a pu donner une nouvelle donne. Sous l’effet du stress, la confrontation des manières de réfléchir, les différences et divergences de point de vu donnent une nouvelle expérience de jeu qui peut être très attrayante.

En résumé : Le jeu d'horreur parvient à séduire parce qu'il propose de tout. Son contenu est suffisamment varié pour pouvoir attirer chaque profil de joueur ou de joueuse. En plus de cela, l’attrait du jeu d'horreur ne s'arrête plus à l’œuvre en elle-même. Ainsi, les réflexions proposées dépassent le cadre vidéo-ludique afin d'enrichir la pensée du joueur dans la vie réelle. Le jeu d'horreur nous séduit alors parce qu'il nous pousse à prendre position, à réfléchir et à confronter nos points de vue, ce qui est encore plus renforcé par l'aspect coop.

En somme ?


Le jeu d’horreur peut paraître incompréhensible de prime abord. Pire, on peut en venir à penser qu’il ne s’agit de rien de moins qu’un plaisir masochiste où l’on s’inflige de la peur. Loin s’en faut en vérité.

Le jeu d’horreur a su séduire par sa diversité culturelle qui pourra forcément convenir à quelqu’un. Son succès s’explique par ses évolutions, ses transformations et son renouvellement.

Ambiance, défis intellectuels, mise en situation de stress, enquêtes, dépaysement, psychologie, tous ont permis de fournir des situations de jeu nombreuses. Les variations et le dosage des sous-genres permettent un renouvellement et une nouvelle attractivité qui font éviter l’essoufflement de ce style de jeu.

Essoufflement qui semble d’autant plus loin que le le jeu d’horreur investit depuis plusieurs années les plateformes mobiles. On pensera notamment à Night of the fullmoon, un jeu de cartes et d’aventures mélangeant rogue-like et deck-building sur fond d’histoire révisitée du petit chaperon rouge.

Par sa polyvalence et sa réflexivité modulée, le jeu d’horreur connaît un succès qui ne semble pas tarir, au travers d’une expérience comparable à aucune autre. Il serait donc temps de rejeter les a priori sur ce genre.

Et puis, quelle meilleure manière de se sentir vivant que celle de survivre ?


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Le jeu d’horreur est-il débile ? Petite archéologie du genre #2

Dans l’épisode précédent, nous avons vu que le jeu vidéo d’horreur n’était pas quelque chose de stupide. Alliant références culturelles et inspirations littéraires, ce genre vidéo-ludique est d’une indéniable richesse.

Une fois ce fait acquis, il n’en reste pas moins que le néophyte peut ne pas comprendre la richesse de ce style en lui-même. En effet, de multiples sous-genres sont présents et bien souvent, on ne les connaît qu’au travers du prisme déformé que nous en donnent certains médias. Comprendre par là que les œufs les moins brillants du panier seront pris comme exemples, généralisés abusivement afin de démontré que tout ceci est de piètre qualité et met en danger le QI de la prochaine génération.

Pour éviter de tomber dans de si grossiers pièges, essayons de vraiment comprendre de quoi on parle.

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Le jeu d’horreur est-il débile ? Petite archéologie du genre #1

Dans la sphère du jeu et de la culture gaming, il existe un genre qui reste toujours à part. Certains en sont fans, d’autres ne le supportent pas. Je veux bien sûr parler du jeu hentai d’horreur. Comment expliquer son attrait ?

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Génocide amérindien : la triste vérité ! #5 et fin

Dans l’épisode précédent, nous avions vu qu’il était impropre de parler de génocide. Les faits historiques montrent des exactions d’une nature différente et désignent un phénomène différent, nommé ethnocide.

Il n’en demeure pas moins que les tenants essayent de forcer l’utilisation du terme de génocide malgré tout. Cela pose beaucoup de problèmes, certains que vous n’envisagez même pas.

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Génocide amérindien : la triste vérité ! #4

Dans l’épisode précédent, nous avions vu que les tenants parlent de génocide pour désigner ce qui est en fait une disparition des amérindiens via des épidémies. Nous avons vu également que, mis devant le fait, les tenants affirment que ces épidémies sont en fait une guerre bactériologique volontaire. Nous avions vu que ce n’est pas le cas et que les tenants ne peuvent prouver cela.

Il n’en reste pas moins qu’il restent plusieurs millions de disparus ainsi que plusieurs autres crimes envers les amérindiens. Permettent-ils de parler de génocide ?

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Génocide amérindien : la triste vérité ! #3

Dans l’épisode précédent, nous avions questionné le bien-fondé des chiffres avancés par les tenants du génocide amérindien. Nous avions vu que les chiffres étaient fantaisistes et honteusement gonflés par du mensonge.

Maintenant que nous avons les chiffres admis par les spécialistes, regardons si cela permet de parler de génocide. Parce qu’après tout, il reste encore plusieurs millions de victimes à traiter.

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Génocide amérindien : la triste vérité ! #2

Dans l’épisode précédent, nous avions fait un rapide topo historique pour replacer le contexte de ce “génocide amérindien”. On s’était rendu compte que rien qu’au niveau des événements et de faits, pas mal d’éléments venaient contredire l’idée d’une extermination forcenée.

Maintenant que nous avons revu les bases, étudions les arguments des tenants du génocide amérindien.

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Génocide amérindien : la triste vérité ! #1

Dans un épisode précédent de l’incroyable feuilleton de ma vie de vulgarisateur, j’ai eu l’immense plaisir d’avoir une conversation charmante qui s’est déroulée environ comme suit :

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Le guide ultime de la séduction féminine : 3 conseils historiques qui vont vous étonner !

Si selon Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient », force est de constater qu’alors, toute la question repose sur un rapport à l’éducation des femmes.

« Comment devient-t-on femme ? » est une question qui a été abordée de très nombreuses fois dans le passé humain, tant par des femmes qui s’interrogeaient sur leur propre condition que par des hommes qui conceptualisaient la société et la place des femmes dans celle-ci. Quelles réponses ont été apportées par l’Histoire ? Quelles en ont été les conséquences ?
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Les Sciences historiques sont-elles plus exactes que les Sciences « exactes » ? [Question de la semaine]

Il y a quelques temps, on m’a fait remarquer que plutôt que de répondre aux questions en privé, je devrais en faire un format d’article. Une sorte de question de la semaine. Alors que je réfléchissais à ce projet et à comment le lancer, j’ai été contacté en privé par un contact. Sa question est très intéressante bien que très complexe et nécessitant un certain bagage que je vais tenter de rendre accessible au mieux. Avec son accord, je vais donc essayer de traiter sa question ici sous ce nouveau format.

Les règles de ce format sont simples :

  • Sur Discord, Facebook, via le formulaire de contact du site ou en message privé, vous posez la question qui vous intéresse.
  • Une fois par semaine j’en sélectionne une pour la traiter
  • De mon côté, je dois fournir une réponse en moins de 500 mots à cette question après une contextualisation.

J’espère donc que cela plaira et que vous n’hésiterez pas à poser vos questions pour faire tourner la machine.

Sans plus attendre, voici donc la première question posée par Steph Ripouille.

QDS 1 - Ls sciences et la réalité - Notions d'Histoire


 

Est-ce que les Sciences historiques sont plus réalistes que les Sciences exactes qui elles seraient plus instrumentalistes ?


La question telle que posée :

Est-ce que l’Histoire est une science idiographique ?

Je pense que, contre intuitivement, la science historique peut être plus « exacte » que les sciences nomothétiques comme la physique.

Donc la physique par exemple, est souvent appelé une « science exacte » mais comme toutes les sciences nomothétiques, elle produit des conjectures sous formes de modèles : ces modèles donnent des résultats mesurables donc plus ou moins exactes (ex: la loi de Newton permet de calculer des trajectoire des corps célestes avec plus ou moins de précision) mais ces lois en elles mêmes n’ont rien à voir avec la réalité (ex: la gravité est vue comme une force chez newton mais une déformation de l’espace temps en relativité : la force de gravité n’existe pas en soi en tant que « force » dans la relativité générale)

Alors que dans les sciences historiques, on a des événements qui ont eu lieu (puis je dire qu’ils existent ontologiquement ? ou est ce un abus de langage ?). Ex: la bataille de Waterloo a eu lieu, c’est un fait. Mais on ne peut rien dire de l’ontologie de la force de gravité.

Ceci dit, on peut douter peut-être de la réalité des événements historiques qui sont forts lointains comme par exemple la bataille de Troie (je dis peut-être une grosse connerie, peut-être que cette bataille fait consensus, c’est juste un exemple)

Mais pour les événements très proches, on a beaucoup de preuves, de témoignages, on est certain qu’ils ont eu lieu.

Donc le scepticisme [Je précise ici qu’il s’agit du scepticisme scientifique dont il est question pour les lecteurs qui auraient un doute.] qui doit être pratiqué pour les sciences nomothétiques s’applique différemment pour les sciences historiques.


Ma question, c’est ce que tu penses de mon idée qui est :

Les sciences dits « exactes » comme la physique sont en fait les plus incertaines dans une perspective REALISTE (c’est-à-dire la position dans laquelle la science nous décrit ce qu’est la réalité). L’exemple de la différence ontologique entre la mécanique de Newton et la relativité générale est très parlant.

L’Histoire, par contre, est une science idiographique et elle traite bien de l’ontologie : des événements qui ont réellement existés. Par contre, elle est aussi incertaine, cette incertitude en général est proportionnelle au temps qui nous sépare de cet événement.

Mais pour des événements très proches comme le génocide juif [voir à ce sujet ma série d’article sur le négationnisme], on a une certitude, on peut affirmer que c’est réel.

Le REALISME est beaucoup plus tenable pour les sciences historiques que pour les sciences nomethétiques.

Pour ces dernières, la position INSTRUMENTALISTE est (ou me semble) plus défendable.

Sciences exactes - Notions d'Histoire
Si vous êtes comme Foxy en ce moment, prenez le temps de la réflexion en allant consulter tous les termes qui vous posent problèmes. Au besoin, les commentaires sont là pour discuter et demander des explications supplémentaires.

Mise en contexte


Cette question relève plus de l’épistémologie que de l’Histoire à proprement parler. Mais elle est très intéressante. Elle interroge sur plusieurs points cruciaux des sciences :

  • Qu’est-ce qu’une science exacte ?
  • Est-ce que les sciences peuvent et doivent être réalistes ?
  • Est-ce que les sciences sont instrumentalistes ?
  • Quel rapport au réel ?
  • Quel intérêt pour les modèles scientifiques ?

Cette question pose également des interrogations sur les concepts de vérité (au sens scientifique) et de réel.

Cette question étant un peu complexe sur plusieurs points, je vous invite chaudement à marquer une pause à cet endroit pour prendre connaissance des termes compliqués au travers des liens fournis avant de continuer plus loin.

Ma réponse : (479 mots)


Parler de Sciences humaines et de Sciences exactes, c’est faire plusieurs différences. Les sciences humaines traitent de l’humain comme sujet, ce qui induit quelques spécificités dans la recherche.

De plus, les Sciences humaines ne sont pas toujours à même d’assurer un des critères fondamentaux de la science : la reproductibilité. Il n’est pas possible d’assurer 100% de reproductibilité du fait du principe du « facteur humain ».

Les autres sciences comme les mathématiques, la physique ou la biologie sont dites exactes car elles sont sensées rendre compte de ce qu’est la réalité.

À cela s’ajoute l’idée que les sciences humaines – et surtout l’Histoire – seraient plutôt idiographiques. C’est-à-dire qu’elles ne traiteraient que de cas uniques sans pouvoir établir de lois universelles. Tandis que, les Sciences exactes seraient plutôt nomologiques ou nomethétiques et donc qu’elles viseraient à obtenir des lois générales à partir des faits constatés.

Toutefois, les Sciences exactes reposent sur des axiomes qui sont des présupposés indémontrables, points de départs des théories scientifiques. Par ailleurs, les théories scientifiques fournissent des modèles de compréhension de la réalité. Paradoxalement, ces modèles ne permettent pas de rendre compte de la réalité. Ils ne font que nous permettre des les comprendre.

Ici s’opposent le réalisme (qui ferait des sciences une représentation de la réalité) et l’instrumentalisme (qui ferait des sciences un instrument de compréhension sans que cela ne permette de saisir le réel).

Les Sciences humaines passent pour être moins réalistes que les Sciences exactes car celles-ci rendent compte de phénomènes observables et réplicables comme la gravité.

Ceci assure une compréhension du réel par le développement de modèles. ces derniers sont constamment approfondis, vérifiés et affinés. Et parfois, les théories ne permettent que de s’approcher imparfaitement des phénomènes étudiés.

Dans ce contexte, on peut en venir à se demander si finalement, les sciences historiques ne seraient pas plus réalistes que les sciences exactes et ce d’autant plus que l’Histoire traite de phénomènes humains dont la proximité avec notre société les rend particulièrement probants.

Certains évéments factuels sont plutôt bien connus. Ils font l’objet d’un consensus historique. On peut donc penser à ce moment qu’on traite de la réalité et que cette dernière est atteinte. On pensera à des phénomènes comme le Titanic ou les chambres à gaz nazies.

Plusieurs éléments invalident cette conception :

  • L’éloignement des phénomènes étudiés.
  • La parcimonie des sources.
  • Leur nécessaire interprétation méthodologique.

Est-ce que les sciences historiques sont plus exactes, plus réalistes que les sciences exactes ? Je ne pense pas. La compréhension de l’Histoire repose sur des fragments par lesquels nous investiguons. Nous appliquons des modèles pour les comprendre. Ces modèles nécessitent une constante réactualisation.

Pour certains points également, qu’il s’agisse de Sciences humaines ou de Sciences dures, les problèmes restent les mêmes. On ne peut pas juger du degré de matérialisme, de réalisme, d’instrumentalisme entre ces deux domaines. Ils ne sont pas comparables. Ils ont chacun des spécificités qui rendent les parallèles intenables.

En somme :


Est-ce à dire que les sciences ne rendent pas compte du réel et donc que le relativisme (ou l’historicisme) serait envisageable ? Non. Car les sciences essayent et permettent de s’approcher du réel autant que possible et malgré les impossibilités.

Il faut bien saisir également que le réalisme et l’instrumentalisme, bien que dans la confrontation, se rejoignent dans le principe de vérisimilitude. Si le chercheur ne peut accéder au réel même des choses qu’il observe, les énoncés de son modèles doivent correspondre le plus possible aux observations et aux résultats étudiés. On peut donc considérer que la question, aussi intéressante soit-elle ne porte pas tant sur le principe de vérité que sur le degré de fiabilité et de correspondance au réel. Qu’il s’agisse un cas unique, d’un modèle, de Sciences humaines ou de Sciences dures, le principe de vérisimilitude permet de comprendre la balance qui s’opère au sein d’une même discipline entre idiographie, nomethétique et nomologie.

À cela, on pourrait ajouter les propos de Schopenhauer : Eadem sed aliter, la même chose mais différemment. Ce qui permet de comprendre que malgré le fait que l’on tende vers le réalisme, il y aura toujours des éléments et des cas uniques à prendre en compte. La question n’est donc pas tellement : est-ce que cela rend compte de la réalité mais à quel point cela permet-il de comprendre la réalité ? On pourra donc se rapprocher d’un système bayesien.


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